Confinement à la conserverie Chancerelle

La production a ralenti à la conserverie Chancerelle alors que la demande en conserves de la grande distribution est très forte. La direction explique que sa priorité est la sécurité du personnel.

« Nous ne sommes pas les plus à plaindre. Il y a une pudeur nécessaire dans la communication d’entreprise dans cette situation ». D’emblée, ce jeudi après-midi, Jean Mauviel a pris des précautions pour évoquer l’adaptation de la conserverie Chancerelle à la pandémie. Le directeur général de l’entreprise douarneniste a fait le point avec Jean-Christophe Onno, directeur des ressources humaines et Philippe Cloarec, directeur industriel.

9 % d’absentéisme liés au virus

« Dès le 2 mars nous avons créé une première cellule de crise avec le comité social et économique de l’entreprise pour organiser les gestes barrières », explique Jean Mauviel. « Nous avons environ 700 salariés à Douarnenez sur deux usines de fabrication de conserves et un site d’expédition vers la grande distribution ».
La solution s’est imposée : deux équipes ont été créées qui se succèdent de 6 h à 13 h 15 et de 13 h 45 à 21 h. Ce dédoublement permet de respecter les distances entre les personnes. « Nous ne développons pas l’activité mais nous pouvons continuer à produire », ajoute Jean-Christophe Onno. « La priorité est la sécurité des salariés ».
En totalisant les arrêts pour garde d’enfant et ceux préconisés pour le personnel à risque (souffrant de certaines pathologies, femmes enceintes…) l’absentéisme lié à l’épidémie est de 9 %. Ce qui porte le pourcentage total, tous motifs confondus, à 18 %. Chancerelle a aussi mis au chômage partiel, la trentaine de commerciaux de terrain répartis sur la France, qui n’ont plus accès aux grandes surfaces.


Prime et dons de boîtes

Dans les ateliers, l’organisation a été revue avec de nouvelles circulations pour limiter les contacts. L’équipement de sécurité est habituel : charlotte, gants, bottes, tablier. Une grande partie des masques habituellement réservés à certains usages, a été donnée aux personnels soignants des hôpitaux locaux. Une fois par semaine, une réunion d’information du personnel (par équipes) est organisée par la direction. « Le moment venu après la crise, une prime sera versée aux salariés venus au travail, de manière équitable et collégiale », dit Jean Mauviel. L’entreprise a aussi fait des dons de boîtes à ses salariés de même qu’aux associations caritatives du département via la préfecture.

Une demande très forte

Chez Chancerelle, la production de boîtes de conserve a donc diminué ce printemps. « On est à moins 30 % », constate Jean Mauviel. « Nous sommes focalisés sur les circuits d’expédition ». La demande de la grande distribution est en effet très forte. « On en est à 70 % au-dessus de la normale en expédition », confirme Philippe Cloarec. « La conserve est un produit refuge qui se substitue pour les ménages aux repas qu’ils ne prennent plus à l’extérieur », analyse Jean Mauviel. La conserverie fonctionne sur des stocks pour quatre à six mois. Ceux-ci diminuent donc rapidement. « Un problème se posera cet été pour les reconstituer », explique Philippe Cloarec. « Nous allons fonctionner en stock très court ». Et donc soumis aux aléas de la pêche.
Heureusement la direction de Chancerelle peut compter sur la chaîne, de proximité, de l’emballage (boîtes), du transport, du fret maritime, qui elle aussi continue à fonctionner.
©in letelegramme.fr 02/04/2020

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