Expo Musée imaginaire de la sardine
Sardines farcies à la Marseillaise
Nous vous proposons d’écouter l’enquête 2341 enregistrée le 02.03.2007 à Marseille, par Cécile Février, auprès de Madame Elise Arnaud qui nous dévoile sa recette de sardines farcies :
http://phonotheque.mmsh.huma-num.fr/dyn/portal/index.seam?page=alo&aloId=8222&fonds=&cid=28
Ingrédients : 20 sardines, de la salade, du persil, de l’ail, un œuf, de la chapelure, de l’huile d’olive.
Préparation : vider les sardines (en réservant les œufs de poisson ) enlever les têtes et en tirant l’arrête centrale qui doit se retirer facilement. Laver les sardines, les poser bien à plat et préparer une farce en hachant 6 ou 7 sardine, de la salade1 de l’ail, du persil, un peu de chapelure, saler poivrer, et ajouter un oeuf. Déposer la farce sur les sardines, rouler celle-ci en commençant par la queue et les placer dans un moule à gratin pour les faire gratiner au four 20 à 30 minutes. Par tradition familiale provençale, j’ajoute toujours dessus de la tomate dans laquelle je dilue du pesto et un filet d’huile d’olive pour finir.
Voici ci dessous des liens vers des ouvrages culinaires illustrés par Mireille Gayet, Directrice de recherche au CNRS, dont la spécialité est la paléontologie, mais aussi passionnée…. de dessin et de cuisine.
mais ceux aussi de la cuisine expérimentale romaine qui nous ont paru intéressant de mettre en lumière.
Crédits : Mathilde Bresc
1. la salade peut être aisément remplacée par de l’épinard, des fanes de radis ou de jeunes navets frais
Recensement des sardines dans le golfe de Gascogne
L'article de Claire Saraux sur l'amaigrissement des sardines catalanes et provençales
Anchois et sardines faméliques en Méditerranée, la faute au plancton ?
Claire Saraux, L’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer)
Dans le golfe du Lion, le nombre de tonnes d’anchois et de sardines a considérablement chuté ces dernières années, entraînant une crise profonde de la pêcherie. On a en effet observé une diminution de la taille et du poids de chaque poisson : anchois et sardines grandissent moins vite et ont moins de réserves qu’avant ; pour une même taille, ils sont plus légers. Chez la sardine, espèce la plus touchée par ces changements, s’ajoute la disparition des individus les plus âgés. Alors qu’une sardine peut vivre jusqu’à 7 ans en temps normal, nous ne retrouvons quasiment plus aucun individu de plus de 2 ans, ce qui explique la disparition des plus gros individus.
Le nombre de sardines s’est toutefois maintenu, voire a augmenté. En résumé, les poissons, bien que nombreux, sont plus petits et moins gras qu’auparavant, ce qui explique en partie la chute de l’effort de pêche et des captures. Ces petits poissons maigres sont, en effet, très peu valorisables commercialement et de nombreux marchés ont été perdus, les conserveries préférant désormais s’approvisionner ailleurs, par exemple en Adriatique
Dans le golfe du Lion, les captures de sardines sont quasiment réduites à néant : on ne pêche actuellement dans cette zone que 600 tonnes par an, contre plus de 12 000 tonnes il y a 10 ans. Une étude rétrospective des pêcheries dans le golfe du Lion a en outre montré que les quantités pêchées ces dernières années étaient les plus faibles depuis 150 ans, alors même que les navires sont bien mieux équipés.
Pour expliquer cette situation inédite, le projet EcoPelGol a été mené de 2012 à 2015 par des chercheurs de l’Ifremer, en collaboration avec des partenaires espagnols (Université de Gérone) et français (Institut méditerranéen d’océanographie) et les pêcheurs de la région.
Où sont passés les gros individus ?
D’un point de vue scientifique, la disparition des gros individus surprend. Les populations de sardines et d’anchois sont en effet réputées pour fluctuer fortement partout dans le monde, en général à cause de problèmes de survie des plus jeunes stades (œufs, larves ou juvéniles). Quand les conditions sont défavorables, le recrutement – c’est-à-dire le nombre d’individus entrant dans la population adulte – peut être quasi nul, privant la population d’une classe d’âge et donc de son renouvellement. Ces espèces ayant une durée de vie relativement courte, la suppression d’une classe d’âge peut impacter assez fortement le nombre de poissons. Or la situation est ici inverse : le nombre de poissons est important, beaucoup de jeunes intègrent la population, mais ils disparaissent très vite.
Qu’advient-il de ces poissons ? Se sont-ils déplacés vers un endroit aux conditions plus favorables ? Sont-ils morts ?
En travaillant avec nos collègues espagnols, nous avons pu montrer que cette diminution de la taille des sardines et des anchois était valable tout le long de la mer catalane. Notre constat pourrait donc s’appliquer à l’échelle régionale du nord-ouest de la Méditerranée plutôt qu’à l’échelle du Golfe du Lion uniquement. Si les gros individus ne sont pas partis vers l’Espagne, destination pourtant la plus probable au vu des conditions océanographiques, il est fort probable qu’ils meurent en plus grand nombre.
Plusieurs hypothèses ont été avancées : meurent-ils parce qu’ils sont pêchés ou mangés par d’autres espèces ? Parce qu’ils sont malades ? Ou parce qu’ils n’ont pas assez d’énergie ?
Le projet EcoPelGol a permis de montrer que la pression de pêche n’avait pas été très importante au cours des 20 dernières années, et surtout que la chute de biomasse observée ne faisait pas suite à une période où la pêche avait été particulièrement forte. S’il ne faut pas négliger l’effet de la pêche, surtout sur une population déjà diminuée, il apparaît très clairement qu’elle n’est pas à l’origine des problèmes observés.
De même, nous nous sommes intéressés à l’impact potentiel des thons rouges, principal prédateur des anchois et des sardines adultes en Méditerranée. Nous avons montré que les thons rouges étaient fortement opportunistes, ne sélectionnant pas les tailles des poissons consommés. Nous avons en outre pu montrer que ces derniers ne prélevaient pas plus de 1 à 2 % maximum des populations d’anchois et de sardines dans le Golfe du Lion, quantité négligeable pour expliquer la dynamique de population de ces espèces.
Enfin, une étude vétérinaire recherchant de potentiels virus, parasites et bactéries sur plus de 1 000 sardines a permis de montrer la faible présence de pathogènes. Ainsi, aucun virus ou macroparasite n’a été relevé. Deux groupes de bactéries ont été observés, mais sur un très faible nombre de sardines et aucun dommage n’a été remarqué sur les tissus correspondants. Seuls des microparasites du foie ont pu être observés de façon conséquente. Ainsi, environ un tiers des sardines semble avoir un foie infesté. Une nouvelle étude se focalisant sur ces microparasites est actuellement en cours.
Quid du rôle du plancton ?
Nos premières études ont donc mis en évidence une surmortalité adulte, tout en réfutant la pêche, la consommation des anchois et des sardines par les thons rouges et les dauphins, ainsi qu’un grand nombre de maladies comme sources potentielles de cette mortalité.
La baisse de croissance ainsi que de la faible condition des poissons semblent indiquer que ces populations pourraient souffrir d’un déficit énergétique. Pour étudier cela, nous nous sommes intéressés à l’alimentation des anchois et des sardines au cours des 20 dernières années. En parallèle, nous avons également étudié le régime alimentaire du sprat, une espèce similaire dans le réseau alimentaire du golfe du Lion, mais n’étant pas commercialisée et ayant vu sa biomasse plutôt augmenter ces dernières années. Ces trois espèces se nourrissent de plancton, ensemble d’organismes en suspension dans l’eau. Notre étude a montré une alimentation plus généraliste du sprat, comparé aux deux autres espèces, lui conférant une plus grande flexibilité et un avantage compétitif qui pourrait expliquer l’augmentation de sa population ces dernières années.
Cette étude a de plus démontré une augmentation du recouvrement entre les régimes alimentaires de ces trois espèces de poissons, qui semblent consommer des espèces de plancton de plus en plus similaires, pouvant entraîner une compétition potentiellement plus forte. Enfin, il semblerait que la composition du plancton consommé actuellement soit différente de celle consommée avant la diminution de la taille des poissons. En particulier, la taille et le pouvoir calorique du plancton consommé auraient diminué. Ceci conforte l’hypothèse d’un apport énergétique plus faible, expliquant au moins en partie la diminution des réserves lipidiques de ces poissons.
De façon générale, les animaux doivent répartir l’énergie qu’ils acquièrent au travers de leur alimentation entre les principales fonctions que sont la maintenance des fonctions vitales (respiration, digestion, etc.), la croissance et la reproduction. Face à la diminution d’énergie disponible, les sardines et anchois semblent avoir maintenu, voire augmenté, leur investissement reproducteur en commençant à se reproduire plus jeune et en développant des gonades (les organes reproducteurs) toujours aussi grosses proportionnellement à leur taille. Anchois et sardines semblent donc favoriser leur reproduction, au détriment de leur croissance, voire de leur survie.
Il semble donc que les populations de sardines et d’anchois soient affectées par un changement du plancton qui serait constitué d’espèces moins énergétiques qu’auparavant, engendrant une baisse de l’énergie disponible pour les sardines et les anchois. Face à ce changement, ces poissons maintiendraient un investissement reproducteur fort.
Reste à déterminer ce qui a pu entraîner les changements du plancton, les causes les plus probables étant des changements environnementaux comme la température de la mer, le débit du Rhône, des changements de régimes des vents ou encore la pollution.
Claire Saraux, Chercheuse, coordinatrice d’EcoPelGol, L’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer)
La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.
Le Musée sur RTL
En Méditerranée, sardines et anchois vont mal : pourquoi ?
Une étude à découvrir ici : http://www.futura-sciences.com/magazines/environnement/infos/actu/d/developpement-durable-mediterranee-sardines-anchois-vont-mal-62060/#xtor=EPR-17-[QUOTIDIENNE]-20160318-[ACTU-En-Mediterranee--sardines-et-anchois-vont-mal-:-pourquoi--]
Le plancton serait moins nourrissant
Comment expliquer ces deux effets : moins de vieux poissons et des poids individuels plus faible, même à taille égale ? « Nous avons envisagé toutes les causes possibles : la surpêche, la prédation, des maladies et l’alimentation » Les deux premières ont été exclues pour les même raisons : pêcheurs et thons rouges (les principaux prédateurs) ne prélèvent que de faibles quantités par rapport aux stocks et ni les uns ni les autres ne choisissent préférentiellement les plus gros poissons. Les biologistes ont donc traqué les parasites. « Nous avons cherché tout ce qui est possible : virus, bactéries et parasites. Et nous en avons trouvés mais on ne sait pas si cela peut expliquer la mortalité des poissons âgés ou leur maigreur. En fait, cela nous semble peu probable. » Et de souligner que lorsqu'on cherche des parasites, on en trouve toujours… L’équipe laisse cependant un point d’interrogation sur une coccidie (un organisme unicellulaire), qui reste à étudier plus finement. Le principal suspect est l’alimentation.
Car les poissons, on l’a dit, sont plus maigres. Quel que soit l’âge, les réserves de graisse sont plus faibles. Les chercheurs ont braqué leurs projecteurs sur le plancton et, plus précisément, sur le met préféré des anchois et des sardines : les copépodes. Ces minuscules crustacés, cyclopes, sans branchies et nageant à l’aide de leur paire d’antennes, semblent modestes. Pourtant, présents dans toutes les mers du Globe, ainsi qu’en eau douce, ils représentent souvent l’essentiel du plancton, en masse ou en nombre d’individus, et il en existe un nombre d'espèces colossal (au moins 10 000)…
Et voila ce que mangent les sardines
La diversité des copépodes, petits crustacés omniprésents parmi le plancton des océans et des eaux douces, a toujours fasciné les biologistes, comme le montre cette planche de Ernst Haeckel, dessinée en 1904. © Domaine public
Les prix montent, les prises diminuent
Embellie sur les prix
Si la consommation recule, l’activité de la pêche française sous criées se porte mieux. Certes, elle a baissé de 3 % en volume l’an dernier, mais a fait dans le même temps un bond de 5 % en valeur. Le prix moyen d’un poisson frais issu des halles à marée est passé de 3,06 euros le kilo en 2014 à 3,33 euros en 2015. Tous les armements répartis sur les côtes françaises profitent de cette embellie tarifaire, qui s’ajoute à une baisse du prix du carburant au plus bas. Concrètement, c’est toute la profession qui retrouvent quelques capacités d’investissement.
Côté pêche, certaines espèces ont été ramenés à quais en abondance. C’est le cas du lieu noir (+ 11,4 %) ou du merlan (+ 11,7 %). En revanche, il y a des inquiétudes concernant les stocks de sole, dont les apports ont reculé de 15,7 % l’an dernier. La sardine est en net repli (– 18,5 %) comme les anchois (– 17,1 %) ainsi que le bar (– 10 %) – pour lequel des mesures de limitation des captures ont été récemment prises. La situation est nettement meilleure pour les coquilles Saint-Jacques : la campagne démarrée en octobre 2015 est en hausse de 27 %. Avec 24.763 tonnes, Boulogne -sur-Mer reste le premier port français de débarquement de la pêche fraîche, devant Lorient (20.609 tonnes).Stanislas Du Guerny Les Echos.fr 6/03/2016
Tiny Book Packaged in a Sardines Tin
Donnia in Fubiz
Coup de gueule de Sea Shepherd
Un dauphin gravement mutilé a été découvert sur une plage de la baie de Douarnenez. L'ONG Sea Shepherd accuse les pêcheurs de sardines et rappelle que tous les dauphins sont strictement protégés en France.
Par Morgane Kergoat Publié le 24-02-2016 in Sciences et Avenir
COUP DE GUEULE. C'est une macabre découverte qu'a faite un riverain de Kerlaz, dans la baie de Douarnenez (Finistère) lundi 23 février 2016 vers 18h. Selon le quotidien Ouest France, l'homme promenait son chien sur la plage de Trezmalaouen lorsqu'il est tombé sur le cadavre atrocement mutilé d'un dauphin. Le cétacé est en effet dépecé sur toute la longueur du dos à partir d'une coupe franche réalisée derrière la tête et jusqu'à la queue, qui a été sectionnée. "Il a dû être pris dans un filet", suppose le témoin qui a aussitôt alerté le centre Océanopolis de Brest. Mais un filet ne saurait être responsable des horribles blessures de l'animal. "Les pêcheurs 'se sont taillés un steak' dans le cadavre", dénonce Sea Shepherd sur sa page Facebook. Et l'ONG de rappeler que "les dauphins sont strictement protégés et les captures accidentelles sont censées être répertoriées et les victimes des filets doivent être ramenées à quai".
"Une honte pour les pêcheurs"
En effet, d'après l'Arrêté du 1er juillet 2011 : "À partir du 1er janvier 2012 et à des fins de connaissance, tout spécimen de cétacé ou de pinnipède capturé accidentellement dans un engin de pêche doit faire l'objet d'une déclaration dès lors qu'un organisme a été désigné par les administrations compétentes dans le but de contribuer aux programmes de recherches scientifiques conduits sur les mammifères marins" (article 4).
L'europe et la surpêche en Méditerranée
Musée Imaginaire de la sardine à Saint-Apollinaire - Dijon
Plonévez-Porzay. Des centaines de sardines échouées sur la plage
Des centaines de sardines se sont échouées sur la plage de Kervel, à Plonévez-Porzay (Finistère). Elles sont disséminées en haut de l'estran.
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| des-centaines-de-sardines-echouees-sur-la-plage-plonevez-porzay | Les sardines semblent avoir été saisies vivantes. ©Philippe ATTARD |
Les petits poissons ne sont pas situés en masse à un seul endroit, mais tout au fond de la plage, près des rochers, et sur une grande partie de sa largeur, qui court sur environ deux kilomètres.
En fond de plage
Il semble que les sardines se soient échouées vivantes lors de la dernière pleine mer, au petit matin. Selon les premières hypothèses, la pollution ne semble pas être à l'origine de cet événement.
Des centaines de sardines échouées sur la plage... par OuestFranceFR
http://dai.ly/x3mfjz5
L'échouage de sardines jeudi matin sur la plage de Kervel à Plonévez-Porzay est dû à une pêche trop abondante, selon les agents du Parc marin d'Iroise.
Environ 4 tonnes
Les agents du Parc marin d'Iroise ont mené leur enquête et ils sont formels : "Cet échouage de sardines de 20 à 24 cm, environ 4 tonnes, provient d'une très bonne pêche qui a eu lieu dans la nuit de mercredi à jeudi. Un bolincheur de la baie de Douarnenez a dû remonter trop de sardines, et a rejeté le surplus à la mer, explique Olivier Gallet. Trop faibles, elles n'ont pu regagner le large".Beaucoup de dauphins
Ces échouages ne sont pas rares en baie de Douarnenez. Mais il y a longtemps qu'ils ne s'étaient pas produits. Ces pêches sont exceptionnelles cette année. Dans la nuit de dimanche à lundi, le port de Douarnenez, qui a connu peu d'apports en 2015, a vu débarquer 195 t de poisson bleu ! Les dauphins communs sont attirés par cette abondance de nourriture. "Nous sommes sortis en mer ce lundi, expliquent les agents. Nous avons compté environ 400 dauphins communs avec leurs petits".Saupiquet
http://www.saupiquet.com/produit/sardines/LSA17/03/2011
Qui est le groupe Bolton ?
Rares sont ceux qui connaissent la maison mère de Saupiquet. Le groupe italien Bolton n’est autre que le numéro un du thon en Europe, mais pas seulement.
Chez Bolton Alimentari, propriétaire de Saupiquet, on est adepte du secret. Le groupe italien ne publie pas ses chiffres. Pour ce qu'on en sait, cette maison mère apporte toutefois une certaine assise à la marque. Leader européen de la conserve de poisson, devant le propriétaire de Petit Navire (MW Brands, passé sous pavillon thaïlandais à l'été 2010), Bolton travaille environ 60 000 tonnes de poisson par an. En Italie, son chiffre d'affaires sur ce secteur est trois fois plus important qu'en France : 500 M€ environ, contre 156 M€. Une expertise qui permet à Saupiquet de revoir sa signature de marque : le poisson a trouvé son chef.
"Les prix sont inutilement bas déclare Armand Baudry, Directeur général de Saupiquet en 2013.”
LSA - Vous êtes confrontés aussi, dans la conserve de poissons, à une forte inflation des matières premières. Hausse insuffisamment répercutée, selon vous, dans les prix ?
Armand Baudry - Tout à fait. Nous subissons depuis plusieurs années déjà une inflation structurelle des matières premières (+ 45% pour le thon en 2012, + 25% pour la sardine...) qui se répercute directement sur le coût de revient, mais insuffisamment sur les prix de vente. Les négociations avec les distributeurs étant de plus en plus difficiles. Or, il faut savoir que, en France, les prix sont anormalement et inutilement bas, l'écart avec des pays voisins, comme la Belgique, l'Allemagne ou l'Italie, étant de 20% à 25%. Ce qui pose de sérieux problèmes de profitabilité et bloque les investissements.
LSA - Vous avez néanmoins investi en 2012 dans votre usine de Quimper (29) et opéré, après quatre ans d'absence, un retour en TV cette année avec une campagne humoristique, « Les Marrants Pêcheurs » ?
A. B. - Nous avons fait ces paris, car nous savons que, à défaut d'investissements et d'innovations, notre marché ne pourra pas croître. Or, il reste, au regard des taux de pénétration encore faibles en France (50% par exemple sur le maquereau), un gros potentiel de consommation que nous souhaitons exploiter. Après un gain de part de marché de 1,6 point en valeur, à 16,6%, et de 0,7 point en volume, à 15,7%, en 2012, nous ambitionnons d'augmenter à la fois notre part de marché et de contribuer à l'essor de la catégorie. LSA 15/06/2013
Quel est le bilan de Saupiquet pour 2015?
"En 2016, la part des innovations sera multipliée par deux, déclare Éric Humblot (directeur général de Saupiquet depuis 2014) - Nous terminons l’année à 15,3% de part de marché en gagnant 0,7 point par rapport à l’an passé. Saupiquet est le premier contributeur au développement du secteur : notre croissance de 6% est supérieure à celle du marché, qui a été de 1,3%.”
Des sardines pour la SNSM
La conserverie locale a lancé une série de sardines qui permet de financer un don en faveur de la Société nationale de sauvetage en mer.Implantée à Saint-Gilles-Croix-de-Vie, la conserverie Gendreau (Sardines des Dieux) a remis un chèque de 27 000 € au profit de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM). Ce don est à répartir entre les antennes de Saint-Gilles-Croix-de-Vie et des Sables-d’Olonne.
C’est presque le double de la somme remise lors de la précédente édition de cette série de boîtes de sardines solidaires. Le conserveur avait versé 15 000 € à l’automne 2014. L’opération consiste à prélever 15 centimes d’euros à chaque vente de boîte de sardines de la gamme « Fiers de nos sardines. »
Le produit conditionné dans une boîte présentant les marins de Saint-Gilles-Croix-de-Vie plaît bien à la clientèle. Il s’en est vendu 200 000 exemplaires, lors de la dernière saison.
in Ouest-France Saint-Gilles-Croix-de-Vie - Publié le 24/01/2016
Un conte marseillais pour finir l'année 2015
Kitou - L’abnégation des sardines in lemonde.frhttp://palimpseste.blog.lemonde.fr/2008/01/03/sardines/
Contexte: Dernier conte écrit en 2007 (le 31 décembre!), et premier à être mis en ligne en 2008 (mettre des sardines en ligne, c’est bien le mot)… Bonne année à toutes et à tous !
L’abnégation des sardines
« Et vous serez étêtées, éviscérées puis enduites d’huile d’olives ou de diverses sauces »… Le ton docte de la sardine-professeur 17624 envahit l’espace de la salle de cours, située dans la huitième vague. Infatigablement, il enseigne aux sardines leur destinée et la noblesse de leur nature de nourriture humaine. « Hors de la boîte, point de salut ! » se plait-il à dire à ses élèves.
Les deux jeunes 2498 et 2501, nées à trois œufs d’intervalle dans le Grand Banc qui croise au large de Marseille, restent quand même dubitatives… Et notamment, elles sont inquiètes : toutes ces opérations ne risquent-elles pas d’être douloureuses ? L’éviscération, surtout.
« Mais non » répond sans cesse le sage professeur 17624. « Dans leur grande mansuétude, les hommes, qui sont notre devenir, prennent soin de nous tirer avec de doux filets hors de l’eau, où nous connaissons une mort miséricordieuse avant que ces opérations de chirurgie ne nous transforment en une nourriture digeste ». Soit… Mais ces propos lénifiants n’arrivent pas à calmer la nature inquiète des deux amies, qui reviennent sans cesse sur le sujet.
« Et pourquoi vous n’avez-vous jamais été mangée ? » demandent aussi les élèves à leur ancêtre. Il faut dire que, à s’appeler ainsi 17624, elle a du naître il y a au moins trois ou quatre pontes, ce qui est tout à fait inhabituel. L’espérance de décès chez les sardines n’excède généralement pas quelques mois. On peut compter sur les hommes pour ne pas laisser les poissons faire de vieilles arêtes. Du coup, elles émettent des réserves sur leur professeur. Peut-être celui-ci, n’étant pas tout à fait certain de son enseignement, préfére rester en vie plutôt que de se lancer dans le chalut? Une sorte de pari pescalien, où la vie réelle a le pas sur une hypothétique vie meilleure, imaginée exclusivement à base de supputations halieutiques.
La réponse du vieux professeur ne convainc pas spécialement les jeunottes : il prétend que certains spécimens sont choisis par les humains pour transmettre aux nouvelles générations les principes de vie des sardines : naître, grossir en absorbant des planctons et des particules d’algues, puis se faire prendre dans un filet d’où elles iront rejoindre la grande fabrique qui leur ouvrira les portes des dîners chez les humains.
Les deux sardinettes sont quand même un peu tristes : elles sont habituées à nager dans les eaux chaudes au large du port de Marseille, à goûter les voluptueuses saveurs des algues des calanques… Pourquoi renoncer à toute cette quiétude pour se faire dévorer par de grands animaux à deux pattes, qui ne brillaient ni par leur sympathie ni par leur grâce ? Elles en croisent souvent, de ces bestioles qui leur ne parlent jamais et barbotent avec indifférence au milieu d’elles.
2498 et 2501 grandissent et ont maintenant la taille de sardines adultes. Elles ne jouent plus à des jeux puérils de sardinettes, mais ont maintenant des conversations à n’en plus finir sur la marche du monde et le banc ringard de leurs parents. Elles arborent des tenues de nageoires complètement loufoques. Elles sentent aussi de délicieux et inconnus frissons dans leurs flancs, en croisant des sardines du sexe opposé, les écailles couvertes de boutons et la voix éraillée.
Malgré leur vie heureuse, elles restent quand même viscéralement inquiètes de leur trépas : sera-t-il douloureux ou pas ? Et l’ablation de leur tête ou de leurs organes internes sera-t-il l’objet de souffrance ou non ?
Elles ont l’occasion d’en parler avec certains de leurs congénères, mais la plupart ne semblent pas se préoccuper de considérations existentialistes… En fait, il semble bien qu’aucune autre sardine ne songe au futur. Toutes ont intériorisé leur destin : elles font confiance à la sagesse des hommes pour les préparer sans douleurs… Peut-être tout au plus une certaine gêne lors du décès.
Ce concept de vie est connu sous le nom de l’abnégation des sardines. Il s’agit du principe directeur par lequel ces poissons règlent leur vie : il faut naître, grossir, puis nager en grands bancs dans lesquels les chaluts viendront prélever une portion de repas.
Le vieux professeur 17624 répéte toujours son enseignement. A chaque génération, rien ne doit changer dans ce cycle où les uns sont à la base d’une pyramide de l’alimentation dont le sommet est occupé par les autres… Leurs rapports sont fixés par avance : on sait d’entrée de jeu qui mangera qui. Quant à savoir si c’est moral ou pas, ça n’a pas de sens… Et si ce sera douloureux ou pas, ça n’a pas de réponse, en fait…
Une angoisse sourde vrille le ventre de nos amis 2498 et 2501. Elles se font de plus en plus pressantes auprès de l’enseignant, au fur et à mesure que le banc grossit et que se rapproche la venue des chaluts.
Les eaux sont froides quand les premiers prélèvements dans le banc se font… Les sardines sentent le filet les effleurer mais, elles ne peuvent y sauter. Elles voient quelques unes de leurs congénères entrer avec allégresse dans le piège, puis s’élever dans les eaux jusqu’à rejoindre le divin navire qui est à la fois leur dernière étape de cette vie, mais également la porte par laquelle elles s’élancent dans leur nouvelle vie… Sardines à l’huile d’Olives, à la sauce provençales, pâté de sardines au whisky, crèmes et mousses, sandwichs et autres préparations plus élaborées… Bientôt elles connaîtront le nirvana des poissons et feront honneur à leur espèce en paradant à la table des humains.
Toutes ?
Sauf deux… 2498 et 2501, de plus en plus ennuyées de ne pas partager ce bel optimisme, parlent de s’évader du banc… En fait, cette histoire d’être préparées sans douleur ne les inspire guère. Elles ne sont pas si sûres que la vie dont on parle au-delà de leur existence actuelle soit si douce et si noble. Après tout, aucune sardine n’est jamais revenue raconter ce qui se passe là-bas. Plusieurs fois, elles suivent un bateau et passent au milieu d’un massacre de têtes coupées et des queues tranchées… Personne ne s’en émeut, mais les deux sardines, maintenant adultes, frissonnent de toutes leurs écailles en repensant à ce spectacle d’épouvante.
Elles mettent leur projet à exécution la nuit suivante … Profitant que le banc nageote de-ci, de-là sans vraiment de but, elles prennent un chemin orthogonal et s’enfuient à tire de nageoire. C’est à peine si la grande masse des poissons s’en rend compte… Personne ne leur envoie un au revoir de la caudale ou de la dorsale…
Durant une semaine, elles nagent ensemble…
Elles découvrent l’ivresse de la liberté… Nager dans des eaux profondes, se réfugier dans les coraux, suivre des mulets et respirer la senteur des algues fraîches.
Finalement, cette vie de liberté a du bon. Elles ne se soucient plus des hommes ni de leurs repas… Maintenant, leur destin appartient à leurs nageoires et à leur instinct. Elles sont libres ! Jamais elles ne seront obligées de s’offrir en holocauste aux pêcheurs et leurs grandes fabriques.
Mais c’est sans compter sur le destin et ses cruels détours…
Le malheur frappe quand les deux amies s’aventurent dans l’épave d’un ancien sous-marin, échoué sur les fonds depuis des décennies. La coque éventrée laisse entrevoir un entrelacs de tuyaux, de bouteilles et un bric-à-brac indéfini dont les sardines ne perçoivent pas le sens. La fonction de ce tas de ferrailles leur échappe, puisqu’aucun poisson ne se nourrit d’humains en boîtes.
2498 et 2501 entament leur visite par un tube, mais 2501 ne la finira jamais. Sa co-navigatrice imagine qu’un carnassier à l’affût d’innocentes victimes, a happé son amie d’une détente brusque, l’emportant dans son trou pour la dévorer.
2498 se souvient de son vieux professeur les mettant en garde contre les murènes, requins et autres prédateurs : ces poissons mangent les autres. Ils empêchent notamment les sardines de réaliser leur Grand Œuvre.
2498 est inconsolable d’avoir perdu son amie… Elle nage maintenant sans but, sans destination… Plusieurs fois, elle songe à mourir. La mer boit ses larmes sans même s’en rendre compte… A quoi bon vivre quand on ne peut même pas pleurer ?
Elle en est là de ses errements quand elle aperçoit, au dessus d’elle, un carré sombre qui se découpe sur la surface de la mer. La curiosité dévore notre amie 2498, car les sardines restent curieuses, même quand elles sont dépressives et suicidaires.
Sortant un œil de l’eau, elle voit un espar bricolé avec quelques planches jointées à la va-vite. A bord de ce radeau de fortune, deux personnages : un marin couché, aux yeux hagards et, debout face à lui, une haute silhouette noire, emmaillotée dans un grand manteau sombre d’où émerge un bras squelettique tenant une immense faux.
La sardine, voyant cet équipage, essaye de parler au marin… Mais ses râles indique qu’il n’a plus longtemps à vivre. Sous peu, il rendra son âme au Créateur de toutes les créatures. Depuis combien de temps dérive-t-il ainsi, après le naufrage de son bateau ?
2498 prend pitié de cet homme. Elle songe qu’il est temps d’arrêter son périple égoïste pour accomplir son destin… Depuis que 2501 a disparu, elle prend conscience que sa vie n’a plus aucun sens. Elle renie sa sardinitude en exemptant de sa destinée nourricière.
Sa résolution est vite prise. Elle part demander à des confrères de l’aider.
Tous ne le font pas et elle a l’amertume, dans ses dernières minutes de vie, de connaître l’égoïsme de certains poissons. Mais elle fait aussi l’expérience de l’immense solidarité qui règne parmi le monde animal en général et aquatique en particulier.
Une roussette aux dents pointues tranche sa tête, un poisson-scie découpe la peau de son ventre pour laisser échapper ses entrailles. Une baleine offre un peu de son huile, proche de celle des olives… Quelques algues fournirent la garniture. Pour finir, un poisson volant emporte la dépouille de la sardine lors d’un de ses vols par-dessus le radeau et dépose les filets préparés juste devant l’homme. Tout cela fait affreusement mal, mais comme c’est sa destinée, elle sent à peine la douleur, tant elle est concentrée sur son noble but.
Le marin, rassemblant ses dernières forces, ouvre les yeux pour voir la Mort lever sa faux et prendre sa vie. Avisant la sardine miraculeusement à portée de sa bouche, il avance les lèvres et la saisit… Voluptueusement, il mâche avec application cette chair offerte et sent à nouveau les forces parcourir ses membres… La sardine à l’huile lui communique une énergie nouvelle, et redonne vie à son corps décharné.
La Faucheuse en est quitte pour une âme, mais elle est habituée. Sans faire de commentaire, elle se détourne de lui et plonge dans les eaux profondes pour ne pas manquer son prochain rendez-vous : un plaisancier malencontreusement tombé de son yacht.
L’arrivée de 2498 dans le Paradis des Sardines est une fête : elle retrouve toutes ses amies du Grand Banc de Marseille et fait connaissances de consœurs venues de contrées lointaines : Saint-Gilles-Croix de Vie, La Turballe et le Guilvinec. Son vieux professeur, finalement ramassé par un chalut dérivant, l’accueille avec effervescence et lui fait visiter les lieux.
2498 a toujours une pensée émue pour son amie 2501 et sa fin tragique. Son numéro est maintenant gravé sur une grande stèle de marbre, dédiée aux victimes de la réflexion philosophique.
Publié le 03 janvier 2008 in lemonde.fr - Faites connaître ce conte à vos amis…






























