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L'Espagne retrouve les sardines marocaines

La flotte espagnole jubile. Le Maroc a donné son feu vert afin que les bateaux européens puissent revenir dans les pêcheries nationales et ceci malgré l’état d’alerte sanitaire décrété au Maroc.
«C’est une grande nouvelle pour la filière espagnole», nous confie Javier Garat, secrétaire général de la Confédération espagnole de pêche, Cepesca. De fait, la filière retenait son souffle depuis le 1er avril, date qui coïncidait avec la fin de la période du repos biologique. Rabat et Bruxelles se sont certes mises d’accord sur la reprise de l’activité mais les embarcations n’ont pas reçu d’instructions précises sur la date de la reprise de l’activité.


Dimanche dernier, quatre embarcations andalouses ont pu jeter leurs filets dans les pêcheries marocaines précisément dans la zone du nord du royaume, proche du Golfe du Cadix. «Les marins sont revenus contents et toutes les prises ont été écoulées. Il s’agissait principalement d’anchois et de sardines», ajoute Garat. Concernant le débarquement des captures dans les ports marocains, la filière espagnole a pu avoir gain de cause, cette fois-ci.

Selon l’accord conclu entre le Maroc et l’Union européenne, il a été décidé que cette clause sera suspendue durant cette crise sanitaire et les embarcations européennes ne sont plus appelées à débarquer les captures dans les ports marocains. C’est une mesure de précaution pour minimiser les contacts et la propagation du virus. «C’est une exception», ajoute notre source. Cette décision temporaire réchauffe les pêcheurs espagnols, lesquels ont mené un combat incessant pour revoir cette clause. D’autres embarcations devraient reprendre le large durant les prochains jours. La décision de permettre à la flotte européenne et spécialement espagnole de reprendre son activité à la fin du repos biologique le 1er avril a réconforté la filière du pays voisin en ces durs moments que traverse le voisin ibérique. La fermeture des lieux de restauration et des établissements d’hébergements a touché de plein fouet ce secteur vital.
De plus, la consommation des ménages a drastiquement chuté en cette période de confinement, reconduite jusqu’au 26 avril. «Le marché s’est effondré. La population a baissé sa consommation et les prix ont dégringolé», soutient notre source. Pour ravigoter les ventes, la confédération espagnole a publié des capsules invitant la population espagnole a consommé davantage de produits de la mer, en mettant en avant ses vertus nutritives. «Les consommateurs optent plutôt pour les produits bon marché. Les espèces chères sont peu demandées», regrette le secrétaire général de Cepesca. La filière avait fait appel aux autorités centrales pour débloquer une aide financière directe au secteur.
© in lesecho.ma 9/04/2020

Migration des sardines en 2100

En baisse depuis la fin des années 1990, les captures mondiales de poissons pourraient chuter de 24% d’ici à 2100 (par rapport à la période 1986-2005 selon un scénario RCP 8.5)
 
C’est un pavé dans la mare océanique. «Jusqu’à présent, on pensait qu’il y avait des espèces perdantes du réchauffement et des espèces gagnantes. Finalement, il y a surtout des perdants. C’est une transformation majeure et son coût sera énorme pour les commuanutés», résume Philippe Cury, directeur de recherche à l’Institut de recherche pour le développement (IRD). Selon l’évaluation du Giec, le potentiel de captures mondiales pourrait en effet chuter de 20,5 à 24,1% d’ici à 2100 par rapport à la période 1086-2005, selon un scénario RCP 8.5. Dans le cadre d’un scénario ambitieux (RCP 2.6), la perte serait 3 à 4 fois moindre.
Migrations d’espèces tropicales
Le réchauffement climatique accentue la diminution des captures due à la surpêche (environ 1 million de tonnes en moins chaque année), enregistrée depuis la fin des années 1990.  Avec des conséquences irrémédiables pour certaines communautés. «En Afrique de l’Ouest, les sardines ont tendance à remonter vers le nord et sont surpêchées par les Chinois. Ce qui pose déjà d’énormes problèmes de sécurité alimentaire», explique Philippe Cury. Les migrations d’espèces halieutiques, en particulier tropicales, vont se développer. «On observe déjà ces espèces en Méditerranée et en Bretagne, et elles ne sont pas remplacées par d’autres espèces dans leurs régions d’origine», poursuit-il.
C’est toute la chaîne alimentaire qui se trouve modifiée. Sous l’effet du réchauffement de la température de l’eau, le plancton se modifie, en Méditerranée par exemple. Résultat: les sardines ne grossissent plus autant et les mammifères marins manquent de lipides. Cela va aussi poser un problème de gouvernance entre les pays gestionnaires de pêcheries. Pour l’heure, aucune organisation ni quota de pêche ne prend en compte l’évolution des espèces halieutiques. Selon le Giec, des problèmes sont pourtant attendus dans les zones Arctique, Atlantique du Nord et Pacifique.…/… la suite ici in journaldelenvironnement.net

Les sardines de Méditerranée sont-elles malades ?

Sardines et anchois : l'Ifremer tente de comprendre la raréfaction en Méditerrannée 

L'institut de recherche marine Ifremer tente de comprendre pourquoi les prises de sardines et d'anchois d'une taille commercialisable sont devenues extrêmement rares dans le golfe du Lion ces dernières années. "La production a énormément diminué pour les deux espèces. En fait, il y a beaucoup de poissons mais ils ne grandissent pas. (...) C'est un problème assez inhabituel pour la communauté scientifique", a expliqué jeudi Claire Saraux, responsable d'un programme de recherche sur le sujet à l'Ifremer de Sète, lors d'une table ronde sur la pêche à Paris.
En 2014, les prises de sardines et d'anchois des pêcheurs de Sète, n'ont atteint qu'environ 200 tonnes, contre 4 à 5.000 tonnes en 2007-2009, a précisé Bertrand Wendling, directeur de leur coopérative. Surtout, les sardines sont bien trop petites pour être commercialisées: il en faut désormais 45 à 60 pour faire un kilo contre seulement une trentaine auparavant, selon lui. Selon les premiers résultats de l'étude, "il y a très peu de chances pour que la prédation du thon rouge soit en cause", estime Mme Saraux. L'hypothèse avait été au départ avancée par les pêcheurs face au retour du prédateur à la faveur de stricts quotas de pêche. Mais l'analyse de leurs estomacs a montré qu'ils ne se nourrissaient que de petites sardines, et non pas des grosses qui ont disparu, a expliqué la scientifique.
L'Ifremer étudie donc d'autres hypothèses: une modification du plancton dont se nourrissent les sardines, peut-être en faveur d'espèces moins énergétiques qui les font moins grossir. Ou bien la présence de bactéries ou de virus. "Il est habituel d'avoir des variations sur les stocks de pélagiques mais c'est souvent dû à des problèmes de mortalité larvaire", ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, précise Mme Saraux.
Face à l'effondrement des prises, les pêcheurs ont dû se réorienter vers des espèces de grands fonds (loups, daurades). A Sète, le nombre de chalutiers est passé de 30 à 14 entre 2007 et 2014, selon M. Wendling. Un seul chalutier continue à pêcher le "poisson bleu". L’Indépendant Vendredi 21 Novembre 2014