les conséquences de l'interdiction marocaine à l'export de sardines congelées

Pénurie de sardines en France… à cause du Maroc
6 octobre 2025 - 22h00 - France - Ecrit par : P. A
origine : https://www.bladi.net/penurie-sardines-france-cause-maroc,117227.html
Les conserveurs français alertent sur la raréfaction des sardines sauvages. Cette situation, liée aux aléas climatiques et à la surpêche dans les eaux marocaines, risque de faire exploser les prix dans les supermarchés français et européens.
Depuis plusieurs mois, les boîtes de sardines disparaissent progressivement des rayons des supermarchés français, et ce sont « les gammes de premier prix » qui sont les premières touchées. « Toutes les enseignes alimentaires sont concernées, d’Auchan à Intermarché », rapporte Le Journal du dimanche. Les supermarchés constatent que ce produit très apprécié des Français pour sa richesse en oméga 3 et en vitamine D devient de plus en plus rare. « La grande majorité des sardines consommées en France vient des eaux marocaines, avant d’être expédiées vers les conserveries bretonnes », expliquent les industriels. Or, les zones de pêche marocaines subissent « des conditions climatiques extrêmes et la migration des bancs vers des zones plus profondes », ce qui complique sérieusement la capture des quantités habituelles.
À lire : Pénurie de sardines en France : le Maroc en cause
« Le Maroc, premier fournisseur, a vu ses captures diminuer de près de 40 % entre 2022 et 2024 » en raison du réchauffement des eaux de l’Atlantique et la diminution du plancton dont se nourrissent les sardines, indique une source proche du secteur. Christian Racle, président de la Confédération des conserveurs de poissons, prévient pour sa part que « le prix du kilo de sardines pourrait doubler si la situation perdure ». Il rappelle que chaque année, la France transforme « environ 20 000 tonnes de sardines, dont la majorité provient du Maroc et du Portugal ». Les pêcheurs français ne sont pas non plus épargnés, avec « une baisse de rendement de 50 % dans certaines zones du golfe de Gascogne ».
À lire : Pénurie de sardines au Royaume-Uni : le Maroc pointé du doigt
Les conserveries bretonnes célèbres comme Chancerelle ou Gonidec parlent de « stocks en voie d’épuisement ». Pour compenser le manque, certaines entreprises prévoient d’importer des sardines d’Amérique du Sud, mais ces poissons sont considérés comme « moins savoureux et moins riches en acides gras essentiels ». Pour les professionnels du secteur, « la sardine constitue un marqueur culturel et gastronomique français ». Ils regrettent que « la dépendance accrue aux eaux marocaines ait fragilisé la filière ». De leur côté, les experts de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer demandent « une meilleure régulation des captures et à une coopération renforcée avec le Maroc » pour sauver le secteur.
Alerte sur la sardine au Royaume du Maroc
Où est passée la grande richesse du Maroc? La sardine n’appartient plus aux pauvres
Dans un pays doté de plus de 3 500 kilomètres de côtes, classé parmi les plus grands exportateurs mondiaux de produits halieutiques, la sardine devrait être un aliment populaire, accessible, omniprésent dans les marchés et sur les tables des foyers modestes.
Et pourtant, en plein été, saison historiquement synonyme d’abondance, la sardine se fait rare, presque introuvable, et son prix grimpe jusqu’à 25 dirhams le kilo, quand ce n’est pas davantage selon les régions.
Pendant ce temps, des milliers de tonnes de sardines quittent chaque jour les ports marocains à destination de l’Europe et de l’Asie, vendues à bas prix, pour alimenter les usines étrangères.. tandis que le citoyen marocain, lui, observe impuissant la disparition d’un produit national de base.
Les professionnels du secteur tirent la sonnette d’alarme: le stock de sardines est littéralement pillé par les navires pélagiques industriels, qui ratissent les fonds marins sans discernement, capturant même les juvéniles, sans contrôle, sans quota, et sans le moindre respect pour les équilibres biologiques. Résultat: les petits pêcheurs rentrent bredouilles, des coopératives ferment, et des familles entières sombrent dans la précarité.
Les chiffres sont sans appel: le Maroc produit environ 1,4 million de tonnes de poissons par an, dont 60% sont des espèces pélagiques comme la sardine, et plus de 80% de cette production est exportée. Pendant ce temps, le consommateur marocain doit choisir entre payer un prix indécent ou se tourner vers les surgelés importés.
Mais où est l’État? Où est le ministère de la Pêche? Pourquoi continue-t-on à traiter la sardine comme une marchandise d’exportation alors qu’elle est une composante stratégique de la sécurité alimentaire nationale ?
À quoi sert d’avoir une “Stratégie Halieutis” si le citoyen ne voit que la pénurie, l’exclusion et la flambée des prix?
Il est temps que le gouvernement prenne des mesures fermes et immédiates, à commencer par l’interdiction temporaire de l’exportation de la sardine, et l’instauration de quotas stricts dédiés au marché intérieur, avec un prix plafonné pour garantir l’accès à tous.
Car à force de vendre la mer, on finira par priver tout un peuple de son poisson. Et ce jour-là, le Maroc ne sera plus une puissance halieutique.. mais juste un pays qui a bradé son or bleu.
Les sardines marocaines en vacances
A retrouver ici : https://www.lopinion.ma/Peche-Pause-biologique-pour-les-sardines-dans-les-eaux-du-sud_a62085.html
Grands changements pour les sardines marocaines : quelles répercussions demain ?
Retrouver ici un article de AFRIK.COM: https://www.afrik.com/entre-les-pressions-de-l-europe-du-sahara-occidental-et-de-l-algerie-la-peche-marocaine-dans-la-tourmente
que l'on peut compléter par : https://www.afrik.com/comment-macron-et-mohammed-vi-preparent-le-pillage-du-sahara-occidental
Entre les pressions de l’Europe, du Sahara Occidental et de l’Algérie, la pêche marocaine dans la tourmente
La pression européenne : l’annulation des accords de pêche, un coup dur juridique et économique
Le 4 octobre 2024, la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) a porté un coup sévère au secteur de la pêche et de l’agriculture en annulant les accords commerciaux UE-Maroc. Cette décision historique met fin à une compensation annuelle de 50 millions d’euros versée par l’Union Européenne et bouleverse l’ensemble du secteur halieutique marocain. Les droits de pêche, qui permettaient jusqu’alors la capture de 90 000 tonnes de poissons par an par les flottes européennes, principalement espagnoles, sont désormais suspendus. Cette situation remet également en question les importants investissements réalisés dans les infrastructures portuaires du pays.
Ce verdict de la CJUE, en réponse à une plainte du Front Polisario, réaffirme que l’exploitation des ressources du Sahara Occidental, maritime ou terrestre, doit être approuvée par le peuple sahraoui. Cette décision a un impact direct sur le secteur de la pêche, puisque les eaux du Sahara Occidental, particulièrement riches en ressources, représentent près de 75 % des prises de la flotte européenne au Maroc
Les implications environnementales de la rupture
La fin des accords avec l’Union Européenne pourrait avoir des effets paradoxaux sur l’environnement marin marocain. Si la réduction de la présence des flottes européennes pourrait soulager certains stocks de poissons actuellement surexploités, le risque existe que le Maroc intensifie sa propre activité de pêche pour compenser les pertes économiques liées à la fin des versements européens. Une telle décision risquerait cependant d’accentuer la pression sur les ressources marines. Par ailleurs, l’incertitude plane sur le devenir des programmes de surveillance écologique qui étaient menés conjointement avec l’Union Européenne, essentiels pour le suivi et la protection des écosystèmes marins mais que le Maroc risque de ne pas vouloir financer seul.
La question du Sahara Occidental : un enjeu de droit international
En annulant les deux accords commerciaux, la CJUE a posé un acte fort en faveur du droit international et de la légalité du processus de décolonisation. Ce nouvel épisode du conflit sahraoui marque une étape décisive dans la lutte pour l’indépendance du peuple du Sahara Occidental et impose aux acteurs internationaux de repenser leurs relations avec le Maroc. La décision souligne que l’exploitation des ressources naturelles du Sahara Occidental ne peut se faire sans l’accord explicite du peuple sahraoui, conformément aux principes du droit international.
Déjà, de nombreuses ONG internationales réagissent pour que l’accord soit appliqué. C’est par exemple le cas du Comité norvégien de soutien au peuple sahraoui qui a exhorté la compagnie maritime norvégienne Green Reefers à cesser de transporter des cargaisons de poisson pêché dans les eaux sahraouies occupées. Dans une lettre adressée à l’entreprise, le Comité a dénoncé le rôle de son navire frigorifique, le Green Austevoll, dans ce qu’il appelle un « pillage des ressources naturelles » de ce territoire non autonome, en violation du droit international.
Des implications économiques majeures
Les eaux territoriales du Sahara Occidental constituent l’une des zones de pêche les plus riches de la région. Jusqu’à présent, 75% des captures réalisées dans le cadre des accords de pêche UE-Maroc provenaient de ces eaux. En outre, le Maroc y a développé une importante infrastructure de pêche industrielle, avec des investissements importants dans les ports et les installations de transformation du poisson, notamment dans les villes de Dakhla et Laâyoune. La décision de la CJUE remet fondamentalement en cause ce modèle d’exploitation.
La question de la gestion durable des ressources marines du Sahara Occidental se pose désormais avec une acuité particulière. Les droits des pêcheurs traditionnels sahraouis doivent être au cœur des futures décisions concernant l’exploitation de ces eaux. La communauté internationale devra veiller à ce que toute exploitation future des ressources halieutiques respecte non seulement les principes du droit international mais aussi les droits fondamentaux du peuple sahraoui sur ses ressources naturelles.
La tension algérienne : la guerre de l’eau s’étend à la mer
Les relations déjà tendues entre le Maroc et l’Algérie se compliquent davantage avec les accusations portées par Alger concernant la gestion des ressources hydriques communes. L’Algérie dénonce vivement l’impact des pratiques marocaines sur les écosystèmes côtiers partagés et leurs répercussions sur la biodiversité marine transfrontalière. Ces tensions s’inscrivent dans un contexte plus large de désaccords sur la gestion des ressources naturelles entre les deux pays.
Les effets de ces tensions se manifestent de manière concrète sur le terrain. Le ministre algérien de l’Hydraulique, Taha Derbal, a notamment mis en lumière la disparition documentée de 43 espèces d’oiseaux migrateurs dans la région. La perturbation des routes migratoires des poissons et la dégradation significative des écosystèmes du barrage de Djorf-Torba illustrent l’ampleur des impacts environnementaux de ces conflits de gestion des ressources.
Un secteur contraint à la mutation
Face à ces multiples défis, le secteur de la pêche marocain se trouve contraint à une profonde mutation. Le royaume doit désormais repenser ses accords internationaux, moderniser sa flotte et développer des pratiques de pêche plus durables.
Cette période de turbulences pourrait paradoxalement offrir au Maroc l’opportunité de refondre son modèle de pêche. Le développement de pratiques plus durables et la recherche de nouveaux partenariats internationaux pourraient émerger de cette crise.
Suppression de la TVA sur les sardines en boîte au Maroc
in : https://medias24.com/2024/01/14/la-suppression-de-tva-sur-des-produits-de-base-profitera-t-elle-aux-consommateurs/
Rejet de sardines en mer au Maroc

























