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De la taille des sardines sétoises

 

 En effet, depuis 2010, leur dimension se réduit, elle est passée de 15 à 11 cm en moyenne, leur poids de 30 à 10 g et les adultes âgés de plus de 2 ans ont quasiment disparu. Conséquence, la pêche pélagique (en surface) est à l’arrêt. En cause, un plancton moins nourrissant.

"On nous explique que c’est le changement climatique. Mais ça, c’est partout, donc pourquoi les sardines sont toujours pêchées en Espagne et en Italie. On nous dit qu’elles manquent de nitrate et de phosphate. On veut comprendre pourquoi." Les professionnels rassemblés au sein de la prud’homie s’interrogent sur l’impact du traitement des eaux usées rejetées dans la mer, comme celui des molécules médicamenteuses et la baisse des apports organiques après assainissement des eaux usées. Des questions qu’ils poseront bientôt aux scientifiques.

Le conseil a également fait remonter le problème des boues de dragage déposées dans les zones de mouillage des cargos où pêchent les petits métiers, dont l’activité est ainsi "pénalisée".

Hélène AMIRAUX in Midi libre ici

 

Les sardines de Méditerranée sont-elles malades ?

Sardines et anchois : l'Ifremer tente de comprendre la raréfaction en Méditerrannée 

L'institut de recherche marine Ifremer tente de comprendre pourquoi les prises de sardines et d'anchois d'une taille commercialisable sont devenues extrêmement rares dans le golfe du Lion ces dernières années. "La production a énormément diminué pour les deux espèces. En fait, il y a beaucoup de poissons mais ils ne grandissent pas. (...) C'est un problème assez inhabituel pour la communauté scientifique", a expliqué jeudi Claire Saraux, responsable d'un programme de recherche sur le sujet à l'Ifremer de Sète, lors d'une table ronde sur la pêche à Paris.
En 2014, les prises de sardines et d'anchois des pêcheurs de Sète, n'ont atteint qu'environ 200 tonnes, contre 4 à 5.000 tonnes en 2007-2009, a précisé Bertrand Wendling, directeur de leur coopérative. Surtout, les sardines sont bien trop petites pour être commercialisées: il en faut désormais 45 à 60 pour faire un kilo contre seulement une trentaine auparavant, selon lui. Selon les premiers résultats de l'étude, "il y a très peu de chances pour que la prédation du thon rouge soit en cause", estime Mme Saraux. L'hypothèse avait été au départ avancée par les pêcheurs face au retour du prédateur à la faveur de stricts quotas de pêche. Mais l'analyse de leurs estomacs a montré qu'ils ne se nourrissaient que de petites sardines, et non pas des grosses qui ont disparu, a expliqué la scientifique.
L'Ifremer étudie donc d'autres hypothèses: une modification du plancton dont se nourrissent les sardines, peut-être en faveur d'espèces moins énergétiques qui les font moins grossir. Ou bien la présence de bactéries ou de virus. "Il est habituel d'avoir des variations sur les stocks de pélagiques mais c'est souvent dû à des problèmes de mortalité larvaire", ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, précise Mme Saraux.
Face à l'effondrement des prises, les pêcheurs ont dû se réorienter vers des espèces de grands fonds (loups, daurades). A Sète, le nombre de chalutiers est passé de 30 à 14 entre 2007 et 2014, selon M. Wendling. Un seul chalutier continue à pêcher le "poisson bleu". L’Indépendant Vendredi 21 Novembre 2014